Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blog de Chahid Slimani مدونة شهيد اسليماني

Vous qui entrez, gardez toute espérance…


Printemps arabe : les élites arabes, la duchesse d’Albe et la génération Tarantino

Publié par Chahid Slimani sur 1 Juillet 2011, 03:21am

Catégories : #Liberté

 

 

912649.jpg

 

« L'élite, c'est la canaille » Henry Becque

 

Dépassées d’abord par les événements en Tunisie puis en Egypte, les élites arabes sont redevenues aujourd’hui après une période de « flottement », fidèles à elles-mêmes : une duchesse d’Albe.

 

I- Eternelles comme la duchesse d’Albe

 

Que la duchesse d’Albe me pardonne ce « rapprochement » sans doute cruel d’un étranger qui la compare aux élites arabes car ne voyant d’elle « qu'un visage de clown déformé par les bistouris de chirurgiens esthétiques qui n'étaient pas encore au sommet de leur technique dans les années 60, un sourire béat, des balbutiements… Bref, une aristocrate octogénaire excentrique immensément riche qui pompe la plus grande part des subventions agricoles européennes destinées à l'Espagne pour alimenter ses plus de 30 000 hectares de terres et autres terrains photovoltaïques »[1].

 

Cayetana-Fitz-James-Stuart-mas_54131955613_53389391171_261_.jpgSi la duchesse d’Albe est connue pour « sa joie de vivre », les élites arabes sont connues pour leur « joie d’empêcher les autres de vivre ». A 85 ans, Cayetana Fitz-James Stuart dite « duchesse d’Albe »  est la plus grande propriétaire terrienne d'Espagne[2], détentrice du record mondial de titres nobiliaires selon le Guinness[3] et l'une des figures les plus populaires en Espagne. Les espagnols la considèrent comme une « rebelle », mais au sens « espagnol » du terme. La culture espagnole étant imprégnée par la Monarchie et l’Eglise.

 

 « Rebel » donc au sens de  monarchiste, fervent « serviteur de Dieu », riche, libertin et pourquoi pas pédophile[4].  S’approprier et s’accaparer de la « Terre » et du « Ciel », telle est leur éternelle « culture » hypocrite, machiavélique et dévastatrice. Je ne parle pas des espagnols, je parle des élites partout.

 

 

II- Elites, je vous hais !

 

Les élites arabes sont comme toutes les autres élites occidentales, asiatiques etc. Folles de Dieu quand il faut l’être, et folles du Dollar quand il faut l’être. « Progressistes » sur la chair des femmes et des enfants et « conformistes » sur les droits des faibles et des minorités.

 

On les voit rôder comme des corbeaux autour de la plante de la démocratie en Tunisie et en Egypte. « La Constitution d’abord ou bien les élections ?», l’œuf ou la poule ?

Coincer la réflexion, rendre le débat stérile, c’est ce qu’elles savent faire. Le changement qui dérange. Le statu quo qui délecte, qui rassure. Si ta voiture ou ton gadget se brise, l’Oncle Sam te vendra d’autres. Si ta femme s’altère, la religion te livrera une autre.  Pourquoi le changement alors ?

 

« Allah Akbar », Dieu est grand disent les saoudiens qui veulent la voiture et la femme. Les deux sur quatre pattes ou quatre roues… mais que la femme ne touche surtout pas à la voiture, c’est de « l’évolutionnisme » banni par la religion.  

 

III- Les chiens se ressemblent

 

Une citation du grand écrivain égyptien Tawfiq al-Hakim, m’a toujours marqué depuis mon enfance « la queue du chien ne se redresse jamais » [5]( عمري ذيل الكلب مينعدل)

Que les élites arabes se redressent et profitent de cette occasion historique pour renverser un siècle de soumission et de défaites culturelles, militaires et économiques, voilà une porte de Dante qui s’ouvre.

 

Toujours la même rhétorique, le même questionnement : Baath ou frères musulmans ? Camardes russes ou frères arabes ? Intervention ou non intervention impérialiste ? Etc.

 

Que voulez-vous, les élites arabes n’ont connu et servi que ce dilemme : faire l’éloge de la peste ou du choléra.

 

La Culture de consolation continue…

 

IV- La rivière gréco-romaine

 

Nous avons attendu le soutien des enfants de la rivière gréco-romaine mais hélas sur la question du printemps arabe l’Occident est divisé non pas entre « camps » mais entre tranches d’âge :   

 

- les plus de 60 ans : vivent dans un « ghetto », projettent sur le reste du monde leurs propres complexes, leurs propres biais, caractérisés par la crise culturelle et les conséquences de la guerre froide…

Pour les uns, les ennemis de l’Empire sont tous des victimes et des anges, ainsi selon eux Kadhafi et Bachar seraient les derniers résistants arabes et le printemps arabe n’est qu’un « feu d’artifice qui ne laisserait après lui qu’une masse amorphe, promise au despotisme ou à l’anarchie »[6]. Pour les autres, les ennemis de l’Empire sont tous des fanatiques, des antisémites etc. Noir ou blanc !quentin_tarantino_et_le_flingue.jpg

 

- les moins de 60 ans : ignorent tout du monde arabe, américanisés, arrogants, sapent les fondements de la puissance occidentale c'est-à-dire l’héritage gréco-romain, lui préfèrent l’héritage judéo-chrétien et le messianisme de l’Empire malgré les apparences des salons et des plateaux de télévision. La génération Tarantino. Fascinée par le sang. Une génération insolente[7] et inculte qui se suicide.

 

Et je ne parle pas des élites russes et chinoises, car elles sont à l’image de leurs régimes,  comme l’eau et comme le vent, indispensables pour l’équilibre mais sans odeur et sans couleur, insaisissables. Amis de tout le monde, amis de personne.

 

Les élites arabes complices actives ou passives des massacres en Libye, en Syrie, au Yémen et bientôt dans d’autres pays arabes auront la guerre et le déshonneur absolument. De ce chaos triomphera le printemps arabe absolument aussi.



[2] Propriétaire d’un des plus importants patrimoines d’Europe, composé de 30 000 hectares de terres et d’une vingtaine de palais

[3] Elle est cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse et quatorze fois Grande d'Espagne etc.

[4] Selon une certaine « intelligentsia » française, les Finkielkraut, Matzneff et autres… 

[5] Tawfiq al-Hakim : Un substitut de campagne en Egypte. Traduit de l'arabe par Gaston Wiet et Zaki M. Hassan. Plon

[6] Bertrand de Jouvenel : Du Pouvoir. Histoire naturelle de sa croissance. Hachette. L’ouvrage est ancien, l’auteur n’évoque ici que le thème de l’individualisme et du totalitarisme, rien à voir donc avec le printemps arabe.

[7] Lire Manuel de Diéguez : Les non-dits et les suites de la chute de M. Strauss-Kahn. Une tempête sur l'échiquier de la politique internationale

© Photo mammouth Royal/Sipa

© Photo CLASOS. Duchesse d’Albe      

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Chahid Slimani 16/07/2011 18:27



Bonjour cher Georges


 


L’empire et ses vassaux certes profitent du chaos dans le monde arabe en ce moment pour étouffer dans l’œuf tout espoir de démocratisation et d’ouverture des sociétés arabes capable de dévoiler
au monde le vrai visage d’Israël …


 


Mais je ne crois pas à la théorie du complot dans ce contexte ; les élites arabes demeurent de loin les seules responsables de la tournure des événements. Leur cupidité, leur médiocrité et
la culture obscure qu’elles ont propagée depuis les « indépendances » font éclater le monde arabe aujourd’hui, l’empire et ses vassaux n’ont fait alors que s’inviter aisément chez les
« nuls » !


 


Jamais les « révolutionnaires » arabes n’ont été dupes ; une deuxième vague de protestations doit éclater et va éclater en Tunisie et en Egypte, et même après la disparition de
Kadhafi, les libyens vont devoir livrer leur « bataille » finale avec leur fameux et ridicule conseil…


 


Il ne faut pas bruler les étapes… les égyptiens n’auraient pas pu affronter le conseil militaire au moment des événements, la cible avant tout était Moubarak. Aujourd’hui ils sont prêts pour
dompter et couper les griffes au « conseil militaire » sans bavures à la libyenne j’espère.


 


 Si le conseil militaire égyptien persiste, 30% de l’armée égyptienne va être détruite, car 70%  de cette fameuse armée est avec le peuple.


 


Qui vivra verra !


 


Amitiés    



Georges Stanechy 15/07/2011 11:17



 


Cher Chahid Bonjour


 


Les « élites » ou les castes au pouvoir sont effectivement les mêmes d’un pays à l’autre, d’un régime à l’autre.


 


Même idéologie, même comportements, l’essentiel étant de préserver leurs « privilèges ». Seule une « révolution » peut de
temps en temps remettre les pendules à l’heure ou, du moins, imposer un rééquilibrage lorsque les bornes de l’injustice sociale et économique sont dépassées. Le "Peuple" n’en pouvant plus.
L’histoire de nos pays en est jalonnée...


 


Tous ceux qui ont soutenu et suivi les « révolutions », authentiquement populaires et pacifiques dans leur expression, en Tunisie
comme en Egypte, sont plus qu’inquiets sur leur devenir. Non seulement les « élites » de l’ancien régime n’ont pas été renversées, les mêmes castes politiques et économiques conservant
leurs pouvoirs, mais les puissances étrangères font tout pour annihiler volontés et effets du soulèvement citoyen.


 


Par la force et par les pressions, militaires et économiques tout particulièrement. Les « assemblées constituantes » n’arrivent pas
à se former et travailler sereinement pour la mise en place des nouvelles structures démocratiques souhaitées par l’ensemble des citoyens.


 


L’Occident allant jusqu’à dicter ses propres articles à intégrer dans le projet de Constitution du pays qui vient de chasser son dictateur.
Ainsi en Tunisie, où la « normalisation des relations avec l’Etat d’Israël » devrait, suivant la volonté des occidentaux, figurer dans un article du nouveau texte…


 


A croire, qu’une réelle démocratisation des institutions ne pourra intervenir avant l’autodestruction de l’Empire, dans une crise économique
majeure ou une guerre suicidaire…


 


Amitiés


 






fuite en avant 06/07/2011 22:49



Bachar al-Assad a commencé à mettre en place le processus de réforme pour aboutir à des amendements à la Constitution ou à une nouvelle Constitution après la nomination en avril d'un nouveau
gouvernement. Les réformes politiques et administratives se multiplient. D'abord il y a eu l'annonce forte de l'abrogation de l'état d'urgence permanent. Puis, suite au manifestations sanglante
de Deraa, le gouverneur a d'abord été limogé puis une commission d'enquête a été mis en place, pour savoir ce qui c'était passé. L'enquête permettra d'ailleurs de prouver les implications
étrangères dans les violences et les tueries de Deraa. Une autre commission a été mise en place pour étudier quelques amendements constitutionnels pour ouvrir la voie à d’autres partis politiques
que le Baas. Des recommandations seront faites par cette commission qui invitera une centaine de personnalités pour discuter des mécanismes de cette réforme. Les portes du dialogue sont ouvertes,
déjà une réunion publique"d'opposants" pacifiques en faveur des réformes c'est tenue à Damas en toute sécurité.



amine ber 04/07/2011 23:04



le plan de déstabilisation de la Syrie


par Thierry Meyssan



Les opérations conduites contre la Libye et la Syrie mobilisent les mêmes acteurs et les mêmes stratégies. Mais leurs résultats sont très différents car ces États ne sont pas comparables.
Thierry Meyssan analyse ce demi-échec des forces coloniales et contre-révolutionaires et pronostique un nouveau retour de balancier dans le monde arabe.


http://www.voltairenet.org/Le-plan-de-destabilisation-de-la


 




amine ber 04/07/2011 22:38



je suis pas d'accord, bachar n'est pas si mauvais que ça et comme a dit sayed nasrallah c'est la résistance et la palestine qui sont menacés en déstabilisant la syrie et bachar


 


cordialement



Chahid Slimani 04/07/2011 00:51



Bonsoir Amine


 


Tout à fait d’accord avec toi, l’avenir de Bachar, mais pas de la Syrie, peut dépendre de l’élite de Damas, mais
seulement dans les semaines qui viennent, sinon les syriens vont finir par s’emparer de Damas et l’élite en place risque de payer très cher son hésitation…


 


Cette même élite qui parle désormais d’une « troisième voie » pour sortir de la
« crise »…


Il me semble que les élites arabes n’ont pas vraiment compris ce qui se passe.


Il n’y a ni troisième ni quatrième voie, il y a une seule voie, le changement et la démocratisation, le reste n’est que
du baratin de ploutocrates, de gérontocrates et de dictateurs…


 


Amitiés



amine ber 03/07/2011 22:32



une déflagration menace la Syrie et je crois que l'élite de Damas peut jouer un role décisif


je ne partage que la moitié de votre article



fish and fish 02/07/2011 17:07



frustrations insensées



Chahid Slimani 02/07/2011 00:05



Bonsoir Yassir


 


Je
salue ton engagement !



Chahid Slimani 02/07/2011 00:03



Bonsoir The Fog


 


« Des traitres », oui je suis d’accord avec toi!



yassir 01/07/2011 21:58



je dis oui à la constitution au maroc et je dis oui à ton article


vive le maroc et vive le roi


merci



the fog 01/07/2011 16:04



excellent travail et argumentation


les élites sont toutes des traitres , de la canaille comme tu dis!



Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents