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Günter Grass : Ce qui doit être dit, au nom de la Liberté d’Expression…

Publié par Chahid Slimani sur 5 Avril 2012, 02:06am

Catégories : #Vérité

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« Je ne me tairai plus, parce que j'en ai assez de l'hypocrisie de l'Occident vis-à-vis d'Israël qui est le vrai responsable de cette menace. » Günter Grass
 
 
L’écrivain allemand Günter Grass a le droit comme tout le monde, n’hésitons pas d’ailleurs, d’accuser Israël de menacer la paix mondiale.
 
Le Prix Nobel de littérature 1999 est violemment accusé d' « antisémitisme » depuis ce matin pour avoir publié un poème, Ce qui doit être dit [1], dans lequel il accuse Israël de menacer la paix mondiale en décidant entre autres « d’attaquer les installations nucléaires iraniennes ».
 
Malgré les divergences graves et sérieuses avec le régime des Ayatollah iraniens, la défense du peuple iranien et de la civilisation iranienne contre toute agression sioniste est un devoir de la conscience.
 
La conscience qui nous pousse à soutenir le peuple syrien contre la barbarie du régime de Bachar la Chimère , est la même qui nous pousse à soutenir le peuple iranien contre la barbarie sioniste.
 
Ma prise de position a toujours été claire : au diable le régime des Ayatollah, mais au diable aussi le régime sioniste, et vive le peuple iranien et vive la civilisation iranienne !
 
Tolérer une telle folie de la part d’un régime aussi barbare et criminel que le régime sioniste, est une autre insulte aux règles internationales de la légalité et de la légitimité.[2]
 
Mais qui est ce régime, « Israël », qui attaque qui il veut quand il veut ?[3]
 
Alors que Günter Grass ne parle que d’Israël et du sionisme [4], ses détracteurs ou « lyncheurs » emploient depuis ce matin le mot malintentionné « Juifs », semant ainsi, comme d’habitude [5], la confusion et l’indignation parmi les lecteurs de bonne foi. suddeutsche-zeitung-04042012.jpg
 
Dans le quotidien Die Welt, l’éditorialiste Henryk Broder n’hésite pas à traiter l’écrivain allemand d’ « archétype de l'érudit antisémite » car selon lui « Grass a toujours eu un problème avec les Juifs, mais il ne l'avait jamais aussi clairement exprimé que dans ce poème ».
 
Enfin, on ne peut que saluer et soutenir Günter Grass pour son courage et honnêteté.
Moins on dénonce, plus on recule.
 
Et à  la manière d’un David Lean, j’ai voulu que les  vers du poème de Günter Grass soient accompagnés de la musique du grand Shahram Nazeri [6], témoignant ainsi modestement de ma profonde admiration pour la civilisation iranienne et son magnifique répertoire soufi.
 
 
« Ce qui doit être dit » "Was gesagt werden muss"[7]
 

 
Pourquoi je ne dis pas
pourquoi ai-je tu pendant trop longtemps
ce qui est pourtant évident
et a fait l'objet de tant de simulations
dans lesquelles nous, les survivants,
sommes au mieux des notes de bas de page.
 
On évoque le droit à une frappe préventive,
l'éradication du peuple iranien soumis,
tenu à une liesse sans joie par un fort en gueule,
sous prétexte que ce potentat construirait une bombe atomique.
 
Mais alors, pourquoi m'interdis-je
de nommer cet autre pays
qui dispose depuis des années,
certes dans le plus grand secret,
d'un potentiel nucléaire croissant
et échappant à tout contrôle,
puisque aucun contrôle n'est permis ?
 
Le silence général autour de ce fait établi,
ce silence auquel j'ai moi-même souscrit,
je le ressens comme un mensonge pesant,
une règle que l'on ne peut rompre
qu'au risque d'une peine lourde et infâmante :
le verdict d'antisémitisme est assez courant.
 
Mais aujourd'hui, alors que mon pays
coupable de crimes sans commune mesure,
pour lesquels il doit rendre des comptes encore et encore,
mon pays donc, dans un geste purement commercial,
certains parlent un peu vite de réparation,
s'en va livrer un nouveau sous-marin à Israël,
un engin dont la spécialité est d'envoyer
des ogives capables de détruire toute vie
là où l'existence de ne serait-ce qu'une seule
bombe nucléaire n'est pas prouvée,
mais où le soupçon tient lieu de preuve,
je dis ce qui doit être dit.

 
 
Pourquoi me suis-je tu aussi longtemps ?
Parce que je croyais que mes origines,
entachées par des crimes à jamais impardonnables,
m'interdisaient d'exprimer cette vérité,
d'oser reprocher ce fait à Israël,
un pays dont je suis et veux rester l'ami.
 
Pourquoi ne dis-je que maintenant,
vieux, dans un ultime soupir de mon stylo,
que la puissance nucléaire d'Israël
menace la paix mondiale déjà fragile ?
Parce qu'il faut dire maintenant
ce qui pourrait être trop tard demain,
et parce que nous, Allemands, avec le poids de notre passé,
pourrions devenir les complices d'un crime,
prévisible et donc impossible
à justifier avec les excuses habituelles.
Pourquoi je ne dis pas
pourquoi ai-je tu pendant trop longtemps
ce qui est pourtant évident
et a fait l'objet de tant de simulations
dans lesquelles nous, les survivants,
sommes au mieux des notes de bas de page.
 
On évoque le droit à une frappe préventive,
l'éradication du peuple iranien soumis,
tenu à une liesse sans joie par un fort en gueule,
sous prétexte que ce potentat construirait une bombe atomique.
 
Mais alors, pourquoi m'interdis-je
de nommer cet autre pays
qui dispose depuis des années,
certes dans le plus grand secret,
d'un potentiel nucléaire croissant
et échappant à tout contrôle,
puisque aucun contrôle n'est permis ?
 
Le silence général autour de ce fait établi,
ce silence auquel j'ai moi-même souscrit,
je le ressens comme un mensonge pesant,
une règle que l'on ne peut rompre
qu'au risque d'une peine lourde et infâmante :
le verdict d'antisémitisme est assez courant.
 
Mais aujourd'hui, alors que mon pays
coupable de crimes sans commune mesure,
pour lesquels il doit rendre des comptes encore et encore,
mon pays donc, dans un geste purement commercial,
certains parlent un peu vite de réparation,
s'en va livrer un nouveau sous-marin à Israël,
un engin dont la spécialité est d'envoyer
des ogives capables de détruire toute vie
là où l'existence de ne serait-ce qu'une seule
bombe nucléaire n'est pas prouvée,
mais où le soupçon tient lieu de preuve,
je dis ce qui doit être dit.
 
Pourquoi me suis-je tu aussi longtemps ?
Parce que je croyais que mes origines,
entachées par des crimes à jamais impardonnables,
m'interdisaient d'exprimer cette vérité,
d'oser reprocher ce fait à Israël,
un pays dont je suis et veux rester l'ami.
 
Pourquoi ne dis-je que maintenant,
vieux, dans un ultime soupir de mon stylo,
que la puissance nucléaire d'Israël
menace la paix mondiale déjà fragile ?
Parce qu'il faut dire maintenant
ce qui pourrait être trop tard demain,
et parce que nous, Allemands, avec le poids de notre passé,
pourrions devenir les complices d'un crime,
prévisible et donc impossible
à justifier avec les excuses habituelles.
 
Je dois l'admettre aussi, je ne me tairai plus
parce que j'en ai assez de l'hypocrisie de l'Occident
et j'espère que nombreux seront ceux
prêts à se libérer des chaînes du silence,
pour appeler l'auteur d'une menace évidente
à renoncer à la violence tout en exigeant
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel atomique israélien
et des installations nucléaires iraniennes
par une instance internationale
acceptée par les deux gouvernements.
 

 
Ce n'est qu'ainsi que pourrons aider
les Israéliens et les Palestiniens,
mieux encore, tous les peuples,
frères ennemis vivant côte à côte
dans cette région guettée par la folie meurtrière,
et en fin de compte nous-mêmes.
 
Je dois l'admettre aussi, je ne me tairai plus
parce que j'en ai assez de l'hypocrisie de l'Occident
et j'espère que nombreux seront ceux
prêts à se libérer des chaînes du silence,
pour appeler l'auteur d'une menace évidente
à renoncer à la violence tout en exigeant
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel atomique israélien
et des installations nucléaires iraniennes
par une instance internationale
acceptée par les deux gouvernements.
 
Ce n'est qu'ainsi que pourrons aider
les Israéliens et les Palestiniens,
mieux encore, tous les peuples,
frères ennemis vivant côte à côte
dans cette région guettée par la folie meurtrière,
et en fin de compte nous-mêmes.


[1] Paru hier dans le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung et conjointement dans The New York Times, La Repubblica et El País. 
[2] Cf. Aline et Manuel de Diéguez, « De l'inexistence de l'Etat d'Israël en droit international »
[4] Pour comprendre mieux le Sionisme, lire les textes de la philosophe Aline de Diéguez « Aux sources du sionisme ».
[5] Les cas Céline, Pierre Bourdieu, Edgar Morin, Jimmy Carter, Arun Gandhi, Stéphane Hessel, Helen Thomas etc.
[6]Shahram Nazeri شهرام ناظرى   est un chanteur iranien d’origine kurde né à Kermanshah en 1950. Célèbre pour avoir joué avec le groupe Shams, mais surtout pour ses performances inspirées du magnifique répertoire soufi iranien. © Vocal : Shahram Nazeri, Music : Reza Ghasemi; Setar players : Ghasemi, Zolfonoon, Mahdavian, DalirAzar, AmirArdalan; Daf : Bijan Kamkar.
[7]Traduction : Michel Klepp source: Arte Journal
© Photo Günter Grass, JOERG FOKUHL/LAIF REA
© Süddeutsche Zeitung, 4 avril 2012
 
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Chahid Slimani 05/04/2012


Bonjour Hirsh Kalisher


 


Justement,
c’est le « discernement » d’un « Prix Nobel » qui parle !

Bonel 06/04/2012

BHL doit et va atomiser ce gunter comme kadafi, notre BHL national est toujours au rendez-vous

Hirsh kalisher 07/04/2012

Un prix Nobel de littérature vous appelez ça un prix Nobel? Deux romans à la con et on vous donne un Nobel!

Noor 08/04/2012


A Lily, ton cliché était vrai il y a quelques années de cela. Aujourd'hui, les frères comme tu dis, doués de raison et sur-diplômés ne trouvent en rien l'Eldorado que fût la France.

Lily 08/04/2012

Noor, qu'ils quittent la France alors! sur-diplômés comme tu dis, il n'y a aucun mal à les inviter d'aller voir ailleurs

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