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« A sparrow stood at my window» émouvante chanson de la sublime Oumaima El Khalil

Hymne des Colibris palestiniens …

 

عصفور طل من الشباك

عصفور طل من الشباك وقلي يا نو نو
خبيني عندك...خبيني دخلك يا نو نو
خبيني عندك...خبيني دخلك يا نو نو
قلتله إنت من وين قلي من حدود السماء
قلتله جاي من وين قلي من بيت الجيران
قلتله خايف من مين قلي من القفص هربان
قلتله ريشاتك وين قلي فرفطها الزمان
عصفور طل من الشباك وقلي يا نو نو
خبيني عندك... خبيني دخلك يا نونو

 

A sparrow stood at my window.

And said "Oh, little one.

Hide me with you

I beg you."

I said, "Where are you from?"

"From the limits of the sky," he said.

I said "Where did you come from?"

"From the neighbor's house" he answered.

I said, "What are you afraid of?"

"I escaped from the cage", he said

I said "What are your feathers?"

"Fate took care of them," he said.

A tear fell on his cheek.

His wings tucked underneath him,

He landed on the ground and said

"I want to walk, but I can't."

I held him to my heart,

Hurting from his wounds

Before he finally broke out of his jail

He broke his voice and his wings

I said, "Do not fear,

See the sun rising?"

He looked toward the forest

Saw the tides of freedom glitter,

He saw wings flutter

Beyond the high gates.

He saw the forest flying.

On the wings of freedom

La Nakba ...

« La mémoire dans le contexte humiliant que vit le monde arabo-musulman en particulier est l’arme la plus efficace pour consolider le passé, comprendre le présent et construire le futur. » Mahdi Elmandjra
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AL-NAKBA   

Texte Libre

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« Abir Aramin a 10 ans. Elle sort paisiblement de son école en compagnie de ses compagnes. Une jeep fortifiée des célèbres "garde-frontières " d'un pays qui refuse de se donner des frontières , effectue lentement des allers et retours devant l'école, provoquant la panique des petites écolières qui s'égayent comme une nuée de moineaux. Un des rambos qui sévissent habituellement aux check-points et dont la présence à cet endroit à l'heure de la sortie n'a évidemment d’autre justification que celle de terroriser les enfants, vise la tête de l'enfant blottie contre le mur d'une boutique à travers un trou spécial fait dans la vitre de sa jeep. Le carton est réussi, comme dans une fête foraine, et la balle enrobée de caoutchouc fait exploser le cerveau d'Abir. La jeep poursuit tranquillement sa route. »  Aline de Diéguez. Lire la suite  
 
 
 
« Il n’est plus possible de se taire devant la politique d’assassinats et d’expansion impérialiste d’Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie .Vous méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants ; n’invoquez pas les attentats, l’Intifada. Tout cela résulte de la colonisation ILLEGITIME  et ILLEGALE. QUI EST UN VOL. (…) Comment les Juifs qui ont tant souffert peuvent ils imiter leurs bourreaux hitlériens ? Pour moi, depuis 1975, la colonisation me rappelle de vieux souvenirs, ceux de l’hitlérisme .Je ne vois pas de différence entre vos dirigeants et ceux de l’Allemagne nazie ? (…)Personnellement, je vous combattrai de toutes mes forces comme je l’ai fait entre 1938 et 1945 jusqu’à ce que la justice des hommes détruise l’hitlérisme qui est au cœur de votre pays. Honte à Israël. J’espère que votre Dieu lancera contre ses dirigeants la vengeance qu’ils méritent. J’ai honte comme Juif, ancien combattant de la 2ème guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse jusqu’à la fin des siècles ! J’espère que vous serez punis… » André Nouschi. Historien juif. 
 
 
 
Remi Bandali à Paris - أعطونا الطفولة -ريمي بندلي في باريس 1984
 
 
 
Oum Koultoum I have now got me a rifle    ام كلثوم اصبح عندي الان بندقية
Umm Kulthum, in her sole song to Palestine (although she sang numerous songs for the revolution), proclaims her desire to join the revolutionaries in 1969 with "Asbaha al-Ana 'indi Bunduqiyyah" (I have now got me a rifle), a poem by the Syrian poet Nizar Qabbani set to music by 'Abd al-Wahhab:
 
I have now got me a rifle, to Palestine, take me with you
To hills that are sad, like the face of the Magdalene
To the green domes and the prophetic stones . . .
 
I am with the revolutionaries,
I am of the revolutionaries
Ever since the day I carried my rifle,
Palestine became only meters away
O revolutionaries, in Jerusalem, in Hebron,
In Bisan, in the Jordan Valley, in Bethlehem,
Wherever you may be O free men
Advance, advance, advance to Palestine,
For there is only one path to Palestine,
And it passes through the barrel of a gun
 
Read (lire) : Joseph Massad : Liberating Songs: Palestine Put to Music. Journal of Palestine Studies, Vol 32, no. 3 (Spring 2003), p. 21
 

 
                   
                                       
 
Passants parmi les paroles passagères
 
Mahmoud Darwich
 
1. Vous qui passez parmi les paroles passagères, portez vos noms et partez.
 
Retirez vos heures de notre temps, partez.
 
Extorquez ce que vous voulez du bleu du ciel et du sable de la mémoire.
 
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir que vous ne saurez pas comment les pierres de notre terre bâtissent le toit du ciel.
 
2. Vous qui passez parmi les paroles passagères,
 
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang, vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair, vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres, vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie.
 
Mais le ciel et l’air sont les mêmes pour vous et pour nous.
 
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez, allez dîner, festoyer et danser, puis partez.
 
A nous de garder les roses des martyrs, à nous de vivre comme nous le voulons.
 
3. Vous qui passez parmi les paroles passagères, comme la poussière amère, passez où vous voulez, mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants.
 
Nous avons à faire dans notre terre, nous avons à cultiver le blé, à l’abreuver de la rosée de nos corps.
 
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, pierres et perdrix.
 
Alors, portez le passé, si vous le voulez, au marché des antiquités et restituez le squelette à la huppe sur un plateau de porcelaine.
 
Nous avons ce qui ne vous agrée pas, nous avons l’avenir, et nous avons à faire dans notre pays.
 
4. Vous qui passez parmi les paroles passagères, entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez.
 
Rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or ou au battement musical du revolver.
 
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez.
 
Nous avons ce qui n’est pas à vous : une patrie qui saigne, un peuple qui saigne, une patrie utile à l’oubli et au souvenir.
 
5. Vous qui passez parmi les paroles passagères, il est temps que vous partiez et que vous vous fixiez où bon vous semble, mais ne vous fixez pas parmi nous.
 
Il est temps que vous partiez, que vous mouriez où bon vous semble, mais ne mourez pas parmi nous.
 
Nous avons à faire dans notre terre, ici, nous avons le passé, la voix inaugurale de la vie, et nous y avons le présent, le présent et l’avenir, nous y avons l’ici-bas et l’au-delà.
 
Alors, sortez de notre terre, de notre terre ferme, de notre mer, de notre blé, de notre sel, de notre blessure, de toute chose, sortez des souvenirs de la mémoire, ô vous qui passez parmi les paroles passagères 

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Aux sources du sionisme

 

« A une époque où l'unicité religieuse des cerveaux des peuples était un mantra politique indépassable, le particularisme communautaire créé par ces mythes a été la cause de nombreuses confrontations violentes avec les populations chez lesquelles s'étaient installés de nombreux immigrants porteurs d'une identité d'autant plus inassimilable à celle de leur environnement que les injonctions méprisantes et haineuses à l'égard des non juifs, appelés "gentils", "goys" ou "goyim" concoctées au fil des siècles, confinent chez certains rabbins au délire pathologique et constituent une école du mépris et de haine à l'égard des voisins chez lesquels ils avaient posé leurs pénates depuis les temps les plus reculés, à la recherche de situations lucratives. Ils éclairent certains ressorts profonds de la brutalité de la politique de l'actuel Etat colonial à l'encontre des Palestiniens .

 

Voici, à titre d'exemples, quelques formulations gracieuses issues du Talmud babylonien, parmi des milliers de recommandations rédigées dans le même esprit :

Yebamoth 98a : "Tous les enfants de Gentils sont juridiquement des bâtards, puisque les Gentils sont seulement des animaux."

 

(…)"Je n'arrive pas à imaginer la raison qui motive un bataillon de soldats sionistes armés jusqu'aux dents lorsqu''ils poursuivent un petit enfant, le jettent à terre, le battent, et l'abandonnent sur le bord de la route" , se lamente le père d'un enfant de sept ans gravement blessé par la soldatesque de l'armée d'occupation. Ce père palestinien n'avait pas lu le Talmud!

 

On comprend mieux, dans cet environnement psychique, le sens des paroles de l'immigrant moldave et actuel Ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, disant que les Israéliens "obéissent à une autre loi" qu'à celle des lois internationales ou à une morale universelle. »

 

Aline de Diéguez- V - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire

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« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela.» Gandhi

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« On peut couper les roses, mais on ne peut empêcher le printemps d’arriver » Pablo Neruda

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« D'abord, ils vous ignorent, ensuite, ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez.» Gandhi

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« Face à l'expansion guerrière d'un empire, il n'y a que deux logiques possibles : celle de la soumission et celle du combat. L'existence même du joug de l'OTAN frappe la civilisation européenne de déshérence (…) Platon explique dans la République qu'une génération vaincue engendre nécessairement deux générations d'aveugles, mais que la troisième se réveille non moins nécessairement» Manuel de Diéguez

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 04:02

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« Les Etats-Unis d'Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation.» Albert Einstein

 

 

Quand certains français parlent de l’ « identité nationale », leur « identité nationale » ; les suisses des « minarets » ; les américains des « haji » iraquiens et des « terroristes » arabes et iraniens etc., ils pensent certainement à la culture, aux « cultures » ; ils pensent à l’autre : le « Barbare ». 

 

Selon Claude  Lévi-Strauss, toutes les sociétés partagent cette tendance à l’ethnocentrisme. Une tendance qui consiste à considérer l’autre comme un « barbare » et qui peut resurgir chez tout individu : « L’attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaitre chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. »[1].

 

J’ai toujours voulu écrire quelque chose sur cette notion « élastique » de « Barbarie »[2], et je me retrouve aujourd’hui encouragé ou interpellé par un événement d’apparence anodin, mais qui est très révélateur à mon sens : les « occidentaux » n’ont pas apprécié la « Vuvuzela » sud-africaine, la trouvent insupportable, demandent de la bannir, et parlent même de risque de propagation de rhumes et de grippes à cause d’une simple « trompette »[3]

 

Sur cette pétition 93,529 % des participants sont pour l’interdiction de la Vuvuzela. Il y a certainement des participants qui n’ont jamais vu ou touché une Vuvuzela mais qui réagissent et se précipitent pour les mêmes raisons évoquées par Claude  Lévi-Strauss.

 

Quand on sait l’importance du son, de la musique et des danses tribales ou folkloriques non seulement pour les sud-africains mais pour tous les africains, on comprend que c’est toute une « culture barbare » qui est visée.

 

Il faut dire que les « africains » n’ont jamais eu de chance avec les occidentaux. Génocides, esclavage, stéréotypes et insultes racistes. Il m’est arrivé de croiser des internautes qui parlent encore des africains comme des « sorciers », des « barbares » et, tenez-vous bien, le mot « cannibales » a été aussi utilisé par une « illuminée » qui se trompe d’époque.

 

Et en parlant toujours de « foot », on apprend qu’après la dernière « mésaventure » de l’équipe de France,  des personnes criant « Dites à M. Escalettes que l'on veut une équipe de France blanche et chrétienne, virez les bougnoules, les “muslims” et les Noirs. Dites-lui que l'on reviendra et qu'on cassera tout. » ont envahi le 25 juin, le siège de la Fédération française de football (FFF).

 

George Armstrong Custer   ou son supérieur le général Sheridan (peu importe, ils sont tous des génocidaires) a dit des amérindiens « effacés » de leur terre natale : « Un bon Indien est un Indien mort ». Depuis, on entend « un bon Noir est un Noir mort », « un bon Palestinien est un Palestinien mort »… voilà où commence la barbarie pour moi et voilà où  la peur -- dont parle Tahar Ben Jelloun[4] pour justifier le dernier carnage de Tsahal[5] l’« armée la plus morale du monde » selon Bernard Henri Lévy, contre les passagers de la flottille pour Gaza-- s’empare de moi. laura.jpg

 

Le Comte Arthur de Gobineau inventeur du mythe aryen et donc théoricien de la « barbarie contemporaine » avec son fameux et funeste Essai sur l'inégalité des races humaines[6], savait-il au moins dans quel abîme il engageait l’humanité ?

 

Les protagonistes du Darwinisme social et de l’Eugénisme porteront alors le flambeau de cette « barbarie scientifique »  jusqu’aux étoiles comme dirait un Mussolini.

 

En 1859 Charles Darwin va révolutionner la biologie avec son célèbre ouvrage De l'origine des espèces, où il est question de la théorie de l’évolution et du processus de la « sélection naturelle ». Au XIXe siècle une nouvelle doctrine politique évolutionniste qu’on appelle le Darwinisme social apparaîtra, suggérant que l'hérédité (les caractères innés) a un rôle prépondérant par rapport à l'éducation (les caractères acquis) et proposant une explication biologique aux disparités observées entre les sociétés sur la trajectoire prétendument unique de l'histoire humaine : les peuples les moins « adaptés » à la lutte pour la survie seraient restés « figés » au stade primitif conceptualisé par les tenants de l'évolutionnisme anthropologique . Selon cette doctrine la lutte pour la vie entre les hommes est l'état naturel des relations sociales et la source fondamentale du progrès et de l'amélioration de l'être humain. En d’autres termes, il est préférable pour le bien de la société et de l’humanité de  supprimer les institutions et comportements qui font obstacle à l'expression de la lutte pour l’existence et à la sélection naturelle, c'est-à-dire il faut tout simplement laisser survivre et s’épanouir les plus aptes et disparaître les moins aptes comme les pauvres, les malades etc. On propose entre autres, la levée des mesures de protection sociale, l’abolition des lois sur les pauvres, l’abandon des conduites charitables etc. Francis Galton par exemple qui prétend tirer de la théorie de Charles Darwin une méthode scientifique permettant l’amélioration des qualités natives, considère qu’avec les progrès de la civilisation, les grands principes des sociétés démocratiques, tels que l’altruisme, nuisent et entraînent la dégénérescence de l’espèce humaine.

 

L’eugénisme quant à lui part de l’idée ou du projet de sélection des individus pour assainir progressivement le « corps social ». Il s’agit de l’ensemble des méthodes qui visent à améliorer le patrimoine génétique de groupes humains, en limitant la reproduction des individus porteurs de caractères jugés défavorables, ou en promouvant celle des individus porteurs de caractères jugés favorables . Laurent Mucchielli en dénonçant cette « utopie eugéniste », la définit comme « une utopie scientiste qui revendique le pouvoir de redéfinir l’organisation sociale selon les ‘lois de la nature’, qui prétend être en droit (en devoir même) de prendre le relais des systèmes de gouvernement traditionnels pour remédier à une situation censée présenter des dangers pour l’avenir de l’espèce humaine, et qui prescrit un certain nombre de mesures de sélection sociales et physiques, sur un mode incitatif et/ou autoritaire, dans le but d’améliorer la qualité biologique des humains »[7].

 

Ainsi comme le pense le philosophe allemand Peter Sloterdijk, un fervent partisan de la sélection génétique[8], pour améliorer la qualité génétique de chaque génération et de toute l’espèce humaine,  une élite d’individus particulièrement aptes et doués dans chaque génération, devra procéder aux expérimentations et sélections génétiques requises pour optimiser le matériau de base des descendants.[9] Plus convaincu encore,  Francis Galton[10] pense qu’il faut favoriser la survie des plus aptes et ralentir ou interrompre la reproduction des inaptes. Et Alexis Carrel d’écrire dans son ouvrage de 1935, L’homme cet inconnu[11], « Pour la perpétuation d’une élite, l’eugénisme est indispensable. Il est évident qu’une race doit reproduire ses meilleurs éléments. ».

 

Je n’oublierai jamais l’expression des visages de mes étudiants découvrant pour la première fois  la « doctrine » du Darwinisme social et de l’Eugénisme. L’horreur.

 

Certes, le cadre « académique » dans lequel j’ai du enseigner ces deux « doctrines » ne me permettait pas de faire un lien avec une certaine actualité internationale, et plus précisément le blocus de Gaza. J’ai néanmoins aujourd’hui la possibilité sur cet espace de « Liberté » qu’est un blog, d’expliquer à mes étudiants comment et pourquoi tout est lié.

 

Si l’ethnocentrisme, le racisme, le Darwinisme social et l’Eugénisme sont une barbarie ; George Armstrong Custer, le général Sheridan et le Comte Arthur de Gobineau des barbares, le blocus de Gaza est le « summum » de cette barbarie. Car comme l’explique le philosophe Manuel de Diéguez « le blocus de Gaza, dont la population s'élevait à un million cinq cent mille âmes, avait creusé un immense fossé entre l'éthique naturelle des peuples du monde et le pourrissement mondial des élites dirigeantes de la démocratie, qui se refusaient toutes à condamner Israël. »[12]. 30031558.jpg

 

Israël est une barbarie, refuser de le condamner c’est succomber à la barbarie. Nous revoilà à re-citer[13] encore une fois le  « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline [14] et la « nuit » de Nietzsche : « Nous devons désormais nous attendre à une longue nuit, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruine et de bouleversements : qui pourrait en deviner assez dès aujourd’hui pour enseigner cette énorme logique, devenir le prophète de ces immenses terreurs, de ces ténèbres, de cette éclipse de soleil que la terre n’a encore sans doute jamais connue »[15] pour réanimer et interpeller ce qui reste de la raison et de la conscience des européens[16] qui sous-estiment les conséquences catastrophiques de leur soutien à Israël. capt_jrl10706201328_mideast_israel_palestinians_jrl107.jpg

 

 

« Les amis d’Israël souffrent en ce moment » a soupiré Bernard Kouchner[17]. Il a raison, car Israël pose à « ses amis » et au monde entier la question fondamentale suivante : peut-on maquiller une barbarie éternellement ?

 

Pendant que la Palestine retrouve son visage légitime, son vrai visage d’une terre violée et volée avec la complicité de la « Communauté internationale », Israël dévoile au monde entier, aux générations à venir et à l’Histoire, son vrai visage laid, imposteur, morbide[18] et barbare.

 

J’aurais pu dire que l’Egypte et certains pays arabes sont complices de cette barbarie, mais nous savons que sur cette scène internationale dominée par la barbarie, l’Egypte n’est qu’une vassale, et un vassal n’a pas le « privilège » ni de la civilisation ni de la barbarie. Un vassal n’est qu’un vassal, un médiocre comédien sur une scène qui brule devant le regard apathique et idiot de la foule.

 


[1] Claude  Lévi-Strauss : Race et histoire. Gallimard, Folio 1987

[2] Georges Bastide définit la barbarie comme « cet aspect de l’activité humaine par lequel l’homme fait au contraire subir à la réalité donnée un changement tel que la culture s’y trouve exploitée dans le sens de la négation et de la suppression de la communication des consciences, c'est-à-dire dans le sens de la diminution des possibilités de moralité dans le monde. » Cf Georges Bastide : Mirages et certitudes de la Civilisation. Editions Privat

[4] Pour Tahar Ben Jelloun « Quand un Etat est en proie à la peur, il est pris de panique et commet l'irréparable comme cela s'est passé lundi 31 mai au large d'Israël. C'est David Grossman qui évoque la peur à la base de ce qu'il appelle cette "souillure morale". ». Lire Tahar Ben Jelloun : « Peurs ». Ainsi, un « Etat » qui dispose de plus de 200 bombes atomiques et de l’armée la plus puissante de la région et du soutien inconditionnel de tous les pays occidentaux a peur  des battons et des barres de fer des passagers !   

[5] Serial killers et génocidaires de renom 

[6] Première édition parue en 1853

[7] Laurent Mucchielli : « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur l'élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». Revue d’histoire des sciences humaines, n° 3, 2000.

[8] Tout comme Alexis Carrel, Jean Rostand et  Charles Richet.  

[9] Cf Peter Sloterdijk : Règles pour le parc humain, traduction par Olivier Mannoni, Mille et une nuits, Paris 2000 ; Yves Michaud : Humain, inhumain, trop humain : réflexions philosophiques sur les biotechnologies, la vie et la conservation de soi à partir de l’œuvre de Peter Sloterdijk. Climats, Paris 2000 ; André PICHOT : La Société pure. De Darwin à Hitler. Flammarion, 2000.

[10] Francis Galton est le fondateur de l’eugénisme moderne.

[11] Alexis Carrel : L’homme cet inconnu. 1 ed. Lib.Plon. 1935

[12] Manuel de Diéguez : « La chute des démocraties dans la barbarie » 

[13] Lire  Chahid Slimani : Les Tartuffe, les aveugles, les sourds et la nuit.

[14]  Louis-Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit. Gallimard-Folio. Paris 1972.

[15] Friedrich Nietzsche : Le Gai Savoir

[16] Lire Manuel de Diéguez : Le naufrage de la civilisation européenne

[17] Lors d’une émission sur TV5 Monde

[18] Lire Aline de Diéguez : Aux sources du sionisme : II - L'invention des notions de "peuple élu" et de "terre promise"

© Photo: Without Sanctuary: Lynching Photography in America

Le lynchage de Thomas Shipp et Abram Smith, un grand rassemblement des lyncheurs. August 7, 1930, Marion, Indiana. 7 août 1930, Marion, Indiana.

Cette photo était vendue comme carte postale.

© G.J. Farnum : lynchage de Laura Nelson. Oklahoma 25 mai 1911

© Rina Castelnuovo for The New York Times: un colon sioniste qui jette un verre de vin sur une femme palestinienne

© AP Photo/Kevin : Femme palestinienne par terre. Village Azawiyah, sud de Nablous, 2004.

Par Chahid Slimani - Publié dans : Justice
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