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Promesse, tour et prestige : M. Vladimir Poutine, un triomphe de la magie Berezovskienne …

Publié par Chahid Slimani sur 29 Octobre 2015, 04:59am

Catégories : #Vérité

Promesse, tour et prestige : M. Vladimir Poutine, un triomphe de la magie Berezovskienne …

« Promesse, tour et prestige sont les trois moments d'un spectacle de magie. Cette dramaturgie très simple est faite d'apparitions et de disparitions, de doutes et d'enchantement, comme la poésie et notre rapport au monde, mais donner trop d'explications est contraire aux usages, et tout dévoiler dépasse nos compétences.»

Gérard Macé

 

Sachez qu’un tour de magie est composé de trois actes : « la promesse » propose au public une situation ordinaire, « le tour » rend cette situation extraordinaire, alors que « le prestige » termine le tour avec un triomphe spectaculaire.

M. Vladimir Poutine est le triomphe d’une étonnante magie et d’un redoutable magicien que les fabulateurs du mythe Poutine ont très vite enterré. Les trois côtés du triangle qui fera après la pyramide de M. Vladimir Poutine sont un oligarque juif, des attentats et une rhétorique originelle. 

 

I. La promesse : l’oligarque juif faiseur de présidents…

Au début, brillant diplômé en mathématiques,  devenu après l'un des plus influents oligarques de Russie, Boris Berezovsky est l’homme par qui M. Vladimir Poutine arriva. Dans la première moitié des années 1990, il incarnait déjà le Rupert Murdoch et le Bernard Madoff de la Russie, allant jusqu’à financer la campagne de réélection de M. Boris Eltsine en 1996, sans parler de la propagande de ses médias.

Consulté par Valentin Loumachev, le secrétaire général d’Eltsine, sur le profil du candidat parfait à remplacer la carcasse du président, Berezovsky n’hésita pas à proposer son petit favori qu’il a rencontré et connu autrefois comme conseiller à la mairie de Saint-Pétersbourg, une couverture entre autres de son KGB natal.

Le rang très modeste de Poutine rappelait à Berezovsky et à Loumachev combien cet homme ordinaire pouvait être arriviste et donc manipulable. Il fut nommé le 9 août 1999, Premier ministre de Russie par Boris Eltsine. Mais un Premier ministre petit, mince et gris, sans aura ni charisme.

 

II. Le Tour : Les attentats de la providence…

Le 31 août 1999, c'est-à-dire deux semaines seulement après l’entrée en jeu de M. Vladimir Poutine comme projet du prochain homme fort du pays, un premier attentat secoue la capitale Moscou. Commença alors une terrible série d’attentats à Moscou et dans d’autres villes russes. Les Russes avaient peur. C’est à cet instant même qu’un magicien faiseur de présidents joue son tour le plus spectaculaire. M. Vladimir Poutine doit s’imposer comme une vérité rhétorique en Russie et en Europe.

 

III. Le prestige : la rhétorique originelle…

Le 23 septembre, un groupe de vingt-quatre gouverneurs demandent ouvertement au président Eltsine de céder le pouvoir à Poutine. Eltsine venait juste d’adopter un décret secret autorisant l’armée à reprendre les combats en Tchétchénie, bouc-émissaire parfait de cette dramaturgie. Un décret que Poutine va rendre public le même jour devant la télévision russe en professant sa célèbre rhétorique Don Quichotienne « Nous les traquerons. Nous les abattrons partout où nous les trouverons. Même si nous les trouvons aux toilettes. Nous les buterons jusque dans les chiottes. ». Et Eltsine d’achever le public « Mes amis. Mes chers amis. (…) J’ai pris une décision. (…) Je m’en vais (…) Pourquoi me cramponner à mon siège six mois de plus alors que le pays possède une personnalité forte qui mérite de devenir président et en qui presque tous les Russes ont placé leurs espoirs d’avenir ? ».

 

IV. Que le Photoshop politique commence…

Les Russes et les fabulateurs européens avaient leur Homme Providentiel. Que les fantasmes et le délire collectif commencent[1]. Berezovsky se chargea lui-même d’éditer une biographie de Poutine par l’intermédiaire d’un organe de presse dont il était propriétaire. Le Photoshop politique pouvait commencer.

Retouche, traitement et dessin assisté; de l’image d’un inconnu venu des bas-fonds du KGB,  chacun pouvait ainsi manipuler l’invention de Berezovsky comme il voulait, comme il pouvait. Après quelques années seulement, comme par magie, tous les fabulateurs européens disent connaitre et comprendre Poutine. Les triangles voient Poutine comme un triangle.

 

V. Une dérive anthropomorphique …

Les triangles voient Poutine comme un triangle. Marine le Pen voit Poutine comme Marine le Pen. Nadine Morano comme Nadine Morano. Alain Delon comme Alain Delon. Depardieu comme Depardieu[2].  Un délire collectif. Une crise d’anthropomorphisme aiguë.

Montesquieu fait dire à Rica, un personnage  de sa Lettre 59 des Lettres persanes « Il me semble, Usbek, que nous ne jugeons jamais des choses que par un retour secret que nous faisons sur nous-mêmes. (…) On a dit fort bien que, si les triangles faisaient un Dieu, ils lui donneraient trois côtés. »[3].

Le passage qui suit est assez révélateur de cette dérive « Mon cher Usbek, quand je vois des hommes qui rampent sur un atome, c’est à dire la Terre, qui n’est qu’un point de l’Univers, se proposer directement pour modèles de la Providence, je ne sais comment accorder tant d’extravagance avec tant de petitesse. ».

Poutine, sa troupe de théâtre et ses fous adorateurs[4] sont venus tirer intentionnellement, aveuglément et lâchement sur l’ambulance en Syrie.  Il est de notre devoir de rappeler aux lecteurs qu’il y a anguille sous roche.


[1] Lire "The Purge VIII: Quand le mythe Poutine devient vérité rhétorique en Europe…" http://chahidslimani.over-blog.com/2015/10/the-purge-viii-quand-le-mythe-poutine-devient-verite-rhetorique-en-europe.html

[2] Lire "Une pagaille « made in France » : Gégé, super-Poutine, le Messie, le berger Giscard d'Estaing et les moutons…" http://chahidslimani.over-blog.com/article-une-pagaille-made-in-france-gege-super-poutine-le-messie-le-berger-giscard-d-estaing-et-les-113771709.html

[3] Montesquieu pense probablement à Spinoza.

[4] Lire " Le parc des fous adorateurs de Saint Poutine en France…" http://chahidslimani.over-blog.com/2014/09/le-parc-des-fous-adorateurs-de-saint-poutine-en-france.html

© Dessins Riber Hansson

 

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myanmar 31/10/2015 02:01

Poutine n’est pas fou, c’est un pragmatique. Il sait ce qu’il fait. C’est un stratège qui cherche à asseoir son pouvoir. C’est ce qu’il veut obtenir en se rapprochant de la Corée du Nord. Poutine cherche de nouvelles idées pour redorer son blason, et récupérer sa légitimité.

Serge D 30/10/2015 17:48

enfin quelqu’un qui a tout compris bravo

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