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Blog de Chahid Slimani مدونة شهيد اسليماني

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The purge (III) : Le vin de Jésus et la zoopsie européenne et occidentale…

Publié par Chahid Slimani sur 12 Novembre 2013, 20:33pm

Catégories : #Vérité

The purge (III) : Le vin de Jésus et la zoopsie européenne et occidentale…

« Le fait que les Européens occidentaux s’imaginèrent être l’aboutissement d’une trajectoire de civilisation partant d’un état de nature, les conduisit également à se penser comme les modernes de l’humanité et de son histoire, c'est-à-dire, comme la nouveauté et en même temps comme le stade le plus avancé de l’espèce. » Aníbal Quijano, Centro de Investigaciones Sociales (CIES), Lima

En réinventant une Europe religieuse et messianique, l’Eglise catholique a ressuscité une thèse motrice effleurée par les grands philosophes grecs et qui fascina longtemps des conquérants européens comme Alexandre le Grand : la supériorité biologique. L’aval de la communauté des scientifiques ne tarda pas. Au nom de l’Ancien Testament, le comte Joseph Arthur de Gobineau publia en 1853 son Essai sur l’inégalité des races humaines.

L’Eglise catholique avide de pouvoir et au nom d’un « Dieu amour » civilisé en Europe et barbare ailleurs, a réarmé le conscient et l’inconscient européens de l’arme biologique dominatrice. L’idée de races et de classification des populations s’installa et les desseins colonialistes se ravivèrent et dévastèrent l’humanité avant le monde.

Avant « l’épopée colonialiste » des Jules Ferry, des Kipling et des architectes de l’Empire colonial contemporain, l’Eglise s’empara de l’Amérique et plongea les Amérindiens dans l’abîme de son « eau bénite ». Depuis, la race s’est révélée être l’instrument de domination sociale universelle le plus efficace et le plus durable[1], et l’homme européen et occidental « moderne » a pu construire les fameux palais de Kipling. Leurs habitants « blancs » et « civilisés » sont menacés par des créatures féroces et repoussantes, la race des animaux que nous sommes. Les fidèles buveurs du sang du Christ, du vin de Jésus, ont développé une vision hallucinatoire et xénophobe sur les autres et sur le monde, une zoopsie [2] civilisationnelle.

1- Les « guenons » de la République

2- Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

1- Les « guenons » de la République

L’esprit des zoos humains[3], de la Vénus hottentote, de l'exposition coloniale internationale de 1931 et de la marque Banania, règne aujourd’hui en France. Derrière une certaine Marine le Pen et une droite nauséabonde, la France catholique et raciste semble avoir trouvé sa nouvelle Marseillaise «Mange ta banane, la guenon ! Aux armes, citoyens, Formez vos bataillons,Marchons, marchons ! Que le sang des guenons abreuve nos sillons ! ». La « plus grande France » du maréchal Hubert Lyautey assure dans son grand parc d'attractions colonial un spectacle des temps modernes consternant. « Toujours plus fort, toujours plus loin, toujours plus exotique, toujours plus sauvage », comme annonçaient les fameuses affiches des zoos humains.

De droite ou de gauche, les politiciens français se ressemblent. Les « bons singes » de la droite sont les « mauvais singes » de la gauche, et les « bons singes » de la gauche sont les « mauvais singes » de la droite. Quant à Marine Le Pen et ses partisans comme Alain Delon, ils libèrent la France. Ils libèrent la France du fardeau de sa liberté, de son égalité et de sa fraternité, et lâchent la France des fauves de l’intolérance.

Mais les Français ne sont pas les seuls en Europe à voir des « singes » partout. Il y a quelques mois seulement, le vice-président du Sénat italien, membre du parti populiste Ligue du Nord, a comparé la première ministre noire italienne, Cecile Kyenge, à un « orang-outan ». « J'aime beaucoup les animaux - les ours et les loups, comme chacun sait - mais quand je vois des photos de Kyenge, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a les traits d'un orang-outang, même si je ne dis pas qu'elle en est un. » avait déclaré Roberto Calderoli.

2- Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

En Europe, les pauvres, les handicapés et les criminels furent aussi comparés à des animaux par des chercheurs et des médecins à une époque où on croyait la science purifiée de l’inconscient raciste et biblique. Ainsi pour le docteur Gustave Le Bon « Quand une vipère, un chien enragé me mord, je me soucie peu de savoir si l'animal est responsable ou non de son méfait. Je tâche de me protéger en l'empêchant de nuire et de nuire à d'autres : voilà ma seule préoccupation. (...) Nous pouvons plaindre les individus doués d'une organisation qui les condamne aux actions mauvaises, plaindre ceux qui ont la stupidité, la laideur ou une santé débile en partage, tout comme nous plaignons l'insecte que nous écrasons en passant ou l'animal que nous envoyons à l'abattoir ; mais c'est là une compassion vaine qui ne saurait les soustraire à leur destinée »[4].

Les propos du docteur Charles Féré en 1888 dans sa synthèse intitulée Dégénérescence et criminalité, sont encore plus brutaux « la criminalité est plus souvent qu'aucune autre dégénérescence une maladie de famille », une dégénérescence héréditaire « directe », une « forme inférieure de la dégénérescence (…) Les impotents, les aliénés, criminels ou décadents de tout ordre, doivent être considérés comme des déchets de l'adaptation, des invalides de la civilisation. Ils ne méritent ni haine ni colère ; mais la société doit, si elle ne veut pas voir précipiter sa propre décadence, se prémunir indistinctement contre eux et les mettre hors d'état de nuire »[5].

Le médecin et membre de l'Académie de médecine Maurice de Fleury, quant à lui, va encore plus loin dans son ouvrage L'âme du criminel (1898) : « On les soigne, pourtant ; on les élève en cage, on les préserve de la mort. Pourquoi faire grand Dieu ! Est-il vraiment humain de laisser respirer ces monstres, ces êtres de ténèbres, ces larves de cauchemar ? Ne pensez-vous pas, au contraire, qu'il serait ici plus pieux de les tuer, d'anéantir cette laideur et cette inconscience, que la souffrance même n'ennoblit pas ? Pour tous ces incurables, j'entrevois la suppression légale, autorisée, la mort libératrice, sans aucune souffrance, presque consolatrice, une mort douce, à peine triste, anéantissant l'inutile laideur, rétrécissant l'insupportable champ de l'horreur vaine, du mal pour rien »[6].

Traquer l'impureté ethno-confessionnelle ou stigmatiser certains traits distinctifs des semblables et les priver de leur humanité en les comparant à des animaux, révèle à quel point le projet de la civilisation judéo-chrétienne est ethnocentrique et n’a rien de la grandeur ou de la noblesse d’une force universelle et universaliste.

[1] Aníbal Quijano, « Colonialité du pouvoir, eurocentrisme et Amérique latine », Centro de Investigaciones Sociales (CIES), Lima . « Le fait que les Européens occidentaux s’imaginèrent être l’aboutissement d’une trajectoire de civilisation partant d’un état de nature, les conduisit également à se penser comme les modernes de l’humanité et de son histoire, c'est-à-dire, comme la nouveauté et en même temps comme le stade le plus avancé de l’espèce. Mais, étant donné que dans le même temps ils attribuaient au reste de l’espèce l’appartenance à une catégorie par nature inférieure et donc antérieure – c’est-à-dire le passé dans l’évolution de l’espèce –, les Européens imaginèrent en outre être non seulement seuls porteurs de cette modernité, mais également en être les créateurs et protagonistes exclusifs. Ce que ceci a de frappant n’est pas le fait que les Européens se soient imaginés et conçus de la sorte, eux-mêmes ainsi que le reste de l’espèce – ceci n’est pas le privilège des Européens –, mais le fait qu’ils aient été capables de diffuser et d’instituer cette perspective historique de manière hégémonique au sein du nouvel univers intersubjectif du modèle mondial de pouvoir. ».

[2] Zoopsie : n. fém. Vision hallucinatoire d’animaux, observée en particulier dans l’alcoolisme.

[3] Lire Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, « Ces zoos humains de la République coloniale », Le Monde Diplomatique, août 2000.

[4] Cité par Laurent Mucchielli in Laurent Mucchielli, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur l'élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». Revue d’histoire des sciences humaines, n° 3, 2000. p.67

[5] Ibid.

[6] Ibid.

© Photo, affiche de l'exposition coloniale internationale à Paris, 1931

Commenter cet article

leslie 21/11/2013 18:56

Monsieur X chicaneur?

Monsieur X 20/11/2013 10:59

Ceux qui exposent, théorisent les races, religions etc, sont les plus raciste.
Que faites vous ? Vous ?
Peace and love mes frères, Il n'y a ni gentils, ni méchants...
Sauf pour ceux qui crois encore en Walt Disney

Sogomory arame 15/11/2013 18:11

Le racisme n'est pas l'apanache des français mais ces derniers se déclarent plus ouvertement sans gène, c'est la mentalité française enfin

Cissé 14/11/2013 18:21

Le front national est raciste et hypocrite comme ses leaders et ses sympatisants tous laches à déclarer ouvertement ce qu ils pensent, en condamnant les derniers propos racistes de minute, ils démontrent encore une fois combien ils sont lâches

marika 13/11/2013 20:55

Une minorité d'extreme dtoite ne fait pas la France

marika 13/11/2013 20:55

Une minorité d'extreme dtoite ne fait pas la France

alfi 13/11/2013 18:40

Tentative desesperee et pleines d erreurs epestimologiques

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